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Fukushima, il va falloir traiter l'eau contaminée...

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Leandre31

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Au Japon, la progression des ouvriers dans la centrale accidentée de Fukushima Dai-Ichi s'apparente chaque jour davantage à un marathon doublé d'un saut d'obstacles. Dernière mauvaise surprise en date, le gouvernement japonais a reconnu, mardi 7 juin, que le combustible nucléaire des trois premiers réacteurs pouvait avoir percé les cuves sous pression après avoir fondu et s'être accumulé au fond de l'enceinte de confinement, dans les jours qui ont suivi le tsunami du 11 mars.

L'agence japonaise de la sûreté nucléaire a d'autre part multiplié par deux son estimation de la quantité de particules radioactives émises dans l'atmosphère pendant la première semaine qui a suivi l'accident. Près de 770 000 terabecquerels, soit près d'un dixième des émissions de Tchernobyl en 1986, se seraient ainsi échappés des réacteurs endommagés, et non 370 000 terabecquerels comme estimé précédemment.

"Il est normal qu'au fur et à mesure de la reprise de contrôle sur le site, les Japonais découvrent des dégâts, relativise Thierry Charles, directeur de la sûreté à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. La question est de savoir si ces nouveaux éléments entraînent des nouveaux risques." Dans le cas présent, les dernières informations livrées par les autorités japonaises ne constituent "pas une surprise ni un danger", assure-t-il : "Si le corium [magma résultant de la fusion des éléments du cœur] a percé la cuve et atteint le béton des enceintes de confinement, c'était à la mi-mars. Depuis, le combustible s'est forcément solidifié, ce qui n'a pas d'impact sur les opérations actuelles."

REFROIDISSEMENT DU COMBUSTIBLE

Tepco, l'opérateur chargé de la centrale, poursuit donc le même objectif qu'il a y presque trois mois : stabiliser la situation sur le site. Entre 6 et 10 m3 d'eau douce sont ainsi envoyés dans les cuves chaque heure, au moyen de pompes de fortune et de camions-citernes, afin de refroidir sans relâche le combustible des quatre premiers réacteurs.

En parallèle, le millier d'ouvriers qui travaillent jour et nuit sur le site, par rotation pour réduire l'irradiation, injectent constamment de l'azote gazeux dans les réacteurs afin de saturer leur atmosphère. L'objectif est d'empêcher l'oxygène de l'air de pénétrer par les fuites des enceintes de confinement et de se mêler à l'hydrogène produit par la dégradation des combustibles, ce qui aurait pour effet de déclencher une explosion dans le cœur du réacteur.

Après la stabilisation, l'étape suivante consiste en une reprise de contrôle de la centrale. "Il s'agit d'éviter tout rejet radioactif et d'installer un système de refroidissement pérenne, fonctionnant en circuit fermé, qui permettra de refroidir l'eau qui sort du réacteur pour la réinjecter directement dans le cœur", précise Thierry Charles.

DÉCONTAMINATION DES EAUX

Aujourd'hui, les tonnes d'eau qui entrent dans les cuves des réacteurs et sortent contaminées par les particules radioactives posent problème : plus de 100 000 tonnes d'effluents hautement radioactifs sont ainsi entreposées dans des réservoirs, des sous-sols ou des barges, sans compter l'eau répandue sur l'ensemble du site en raison des fuites des systèmes de pompage.

"Tepco doit vite s'en débarrasser car les éléments de stockage arrivent à saturation, explique Bruno Comby, ingénieur en génie nucléaire et professeur à l'Ecole supérieure de techniques avancées de Paris. Par ailleurs, cette eau empêche les ouvriers de circuler plus de quelques minutes dans les bâtiments et donc d'installer un système de refroidissement en circuit fermé."

Pour cette opération de grande ampleur, Tepco est soutenu par Areva. Le groupe nucléaire français est en effet sur le point d'achever un système de décontamination des eaux, qui commencera à fonctionner le 15 juin. "On va pomper l'eau sur l'ensemble du site, pour l'emmener dans des cuves. Là, on injectera des réactifs pour capter les éléments radioactifs et on les précipitera sous forme de boues", explique un représentant du groupe au Japon. L'eau obtenue ainsi sera faiblement radioactive, de l'ordre de quelques centaines de becquerels au lieu de plusieurs milliers, voire un million de becquerels par cm3, et pourra être réutilisée pour refroidir le combustible. Reste la question des boues radioactives, d'un volume 120 fois inférieur aux quantités d'eau injectées dans le système de décontamination, mais qui s'avèrent hautement radioactives et constituent donc des déchets nucléaires à vie longue, qui devront être stockés.

LIMITATION DES REJETS RADIOACTIFS

"Le traitement des eaux contaminées ne résout pas tout le problème d'accessibilité aux bâtiments de la centrale, tempère par ailleurs Sylvestre Pivet, directeur adjoint de l'innovation et du soutien nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique. A certains endroits, la radioactivité est énorme, de l'ordre de 4 sieverts par heure. L'hygrométrie est par ailleurs très forte, presque à 100 %. Il faut donc cartographier l'ensemble du site pour savoir si la suite des opérations doit être menée par des hommes ou des robots."

"La situation n'est toujours pas sous contrôle, mais les plus gros risques sont derrière nous car la radioactivité du site baisse", assure néanmoins Bruno Comby. Le 11 mars, l'essentiel des radioéléments émis étaient de l'iode 131, dont la demi-période (la durée qu'il lui faut pour voir sa radioactivité décroître de moitié) est de huit jours. "Aujourd'hui, il n'y a pas de nouvelles sources d'émissions et l'iode rejetée après l'accident a presque disparu : sa radioactivité a été divisée par 4 000. Il reste essentiellement du césium 137, dont la demi-période est de trente ans, mais dont l'activité est beaucoup plus faible", poursuit le scientifique.

Malgré tout, le site restera contaminé pendant des années. Car une fois la situation entièrement sous contrôle, dans quelques années, Tepco devra encore s'atteler au démantèlement du combustible, à savoir 2 500 tonnes d'uranium et de plutonium réparties entre les cuves et les piscines. "Aux Etats-Unis, lors de l'accident de Three Mile Island, il a fallu douze ans pour enlever le combustible dégradé d'un réacteur. A Fukushima, avec au moins quatre réacteurs endommagés, les opérations s'étendront sur vingt ans minimum", estime Thierry Charles.

Voir un autre article sur cette catastrophe

http://pilot's-wings.kazeo.com

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