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Sur Facebook, on aime pour de l’argent

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Diavoletto 1997

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Faux amis. Votre PME peine à émerger sur les réseaux sociaux ? Des sites proposent de vous vendre des fans. Business douteux.

Il y a les entreprises qui ont déjà des fans sur Facebook, type la chaîne de cafés Starbucks et les 23 millions de personnes qui ont cliqué sur le petit pouce vers le haut («j’aime»), et il y a les autres. Pour ces dernières, désespérées face à leur poignée d’admirateurs, un remède existe : acheter le fan.

C’est l’offre proposée par un bon nombre de sites internet promettant monts et merveilles à leurs clients. «Vous pouvez avoir des milliers de fans en quelques semaines», vante le site Fan Bullet. Avoir si peu d’amis qu’il faille en acheter peut sembler un poil pathétique. Pour Olivier Ertzscheid, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’IUT de la Roche-sur-Yon (Vendée), «il s’agit surtout d’avoir la preuve sociale qu’on existe». Mais ce n’est peut-être pas la seule motivation. En effet, un fan Facebook est un client potentiel pour les grandes entreprises, les cinémas ou les restaurants. Selon une étude de Syncapse, une société de conseil en «social management», réalisée en 2010, les membres Facebook dépenseraient 70 dollars (49 euros) de plus que les autres par an pour les marques dont ils seraient fans. Vitrue, autre expert du conseil, vient de répondre à la question de la valeur d’un fan : 3,60 dollars (2,50 euros). Multiplié par un million, on comprend pourquoi les entreprises y portent attention.

Effet mouton. Mais ces sites qui revendent du fan sont-ils réellement fiables ? La plupart du temps, non. Selon Olivier Ertzscheid, «c’est très largement du bidonné. On achète des fans générés par des robots et il n’y a personne derrière». Certains ont tenté l’aventure, et leurs commentaires sur les forums sont sans appel : les promesses ne sont pas tenues. «On se rend compte qu’on met finalement deux ou trois mois avant d’avoir ses fans commandés sur les sites. Et les fans achetés, lorsqu’ils sont réels, peuvent poser un problème d’image : ils vont poster des commentaires incohérents sur la page Facebook qui peuvent nuire à l’entreprise», explique Christophe Lauer, blogueur spécialisé dans les réseaux sociaux. D’autant plus que les fans achetés ne se traduisent presque jamais par du chiffre de vente. Le seul cas qui justifie cette pratique est donc la «peur de la salle de restau vide». «Comme dans la rue, on ira vers le restaurant où il y a le plus de monde», indique Christophe Lauer. Sur Facebook, l’effet mouton est encore de rigueur : plus il y a de fans, plus l’utilisateur aura envie de découvrir ce qui plaît tant.

Peter Gee, chez Fan Bullet, défend son gagne-pain - à 120 dollars (84 euros) les 1 000 fans : «Nous aidons les compagnies à se créer une présence sur les réseaux sociaux afin de mieux faire connaître ou vendre leurs produits. Nous envoyons des invitations aux utilisateurs de Facebook afin qu’ils adhèrent aux pages de nos clients. Ils ont le choix de les "liker" ou non.» Jackpot pour les fans ? Même pas. «Les utilisateurs qui "likent" une page le font de leur propre gré, donc pas de compensation», explique John, de Socialpromotionz, un autre vendeur de fans. Ainsi, ce sont les sites qui récupèrent le pactole, pas les «likeurs». Ça ne donne pas envie d’adhérer à une page qui ne nous avait, jusqu’alors, pas attirés…

Pour profiter d’une rémunération, les utilisateurs ont trouvé la parade : promouvoir leurs propres services. Sur Fiverr - un site où les services de particuliers se vendent pour 5 dollars (3,50 euros) -, ils sont américains, bosniaque ou philippins, avec comme message : «Je likerai et suggérerai votre page Facebook à mes 4 000 amis Facebook pour 5 dollars.» Même démarche sur le site espagnol MyntMarket où les sommes peuvent être plus élevées : «Pour 10 euros, j’enverrai votre page Facebook à plus de 7 400 amis.» Ici, le site se contente d’une commission de quelques euros.

Artificiel. Concernant les acheteurs de fans, les sites proposant leurs services ne veulent rien dévoiler, la pratique n’étant pas des plus glorieuses. Pour Christophe Lauer, «les grosses marques ont des fans déjà existants et possèdent, de toute manière, d’autres moyens pour en attirer davantage. Ce sont plutôt les business locaux qui ont recours à ces services. Moins connus, ils se lancent tout seul et ne sont pas très bien conseillés.» Car l’augmentation artificielle d’un petit compteur sur une page Facebook n’aura que peu d’incidence sur la fréquentation réelle d’un restaurant ou sur le nombre d’entrée d’une salle de cinéma. «Il faut garder un peu de bon sens, la vraie solution c’est de construire son audience avant même de se lancer sur les réseaux…» Avoir des amis aussi dans la vraie vie ? Quelle drôle d’idée.


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